877. Le nombre de jours depuis le dernier billet.
Parce que parfois on se demande « à quoi bon ? ». Parce que parfois on se dit qu’on n'a plus que ses yeux pour pleurer.
« Cela en devient désespérant car je sais bien que de toute manière quoique les élus disent, quoique les élus fassent, les électeurs, en bons jocrisses qu'ils sont, voteront toujours de la
même façon.
Je lirai le journal aux prochaines élections, regardant catastrophé les résultats, me disant qu'ils devaient tous être bourrés au moment de glisser le bulletin dans l'urne. L'ébriété guidant
le peuple.
Victoire de l'UMP.
De la droite décomplexée, comme ils l'appellent.»
Il y a 877 jours, je pensais que c’était déjà écrit.
Optic 2012
Mais les électeurs ne sont jocrisses que pour un temps !
En 2012, la crise « d’une violence inouïe » (expression répétée ad nauseam par le candidat sortant pendant la campagne) ne se règle pas à coup de Karcher.
En 2012, les racailles sont en cols blancs et n’ont pas de comptes à rendre.
Une évidence ? Pas pour tout le monde apparemment.
Car on nous l'a expliqué. Cette crise, elle est causée par les nouveaux arrivants. Ceux qui coûtent aux contribuables, ceux qui viennent manger/se loger/se soigner à l’œil.
Ces étrangers à qui l'on doit la crise, dirigent-ils nos banques ? Ces étrangers à qui l'on doit la crise, délocalisent-ils leurs entreprises pour quelques euros de plus ? Ces étrangers à qui
l'on doit la crise, sont-ils les champions du libéralisme économique ?
(An)atooooool(e France)
Nicolas doit sa défaite à l’oubli que notre République repose sur trois mots.
S’il pourra toujours prétendre avoir défendu la Liberté et l’Egalité, sur le troisième il devra rester muet.
Est-il xénophobe ? Allez savoir. Ce qui est sûr, c’est qu’il a accepté de se servir de la xénophobie ambiante comme outil politique, créant cette fameuse « droite décomplexée ». La droite qui,
parait-il, n’a pas à avoir honte de pointer du doigt ceux qui seraient moins Français que les autres. La droite qui peut faire des œillades au Front National pour rafler des voix.
Mais à constamment pointer du doigt et faire des œillades, fatalement, on finit par se mettre le doigt dans l’œil.
Il t’en reste un, Nicolas. Comme à d’autres.
Tous les Krys les SOS
Marine, elle, a voté blanc.
Logique évidemment qu'elle soit adepte du vote blanc car il faut dire que dans la famille, le blanc a toujours été la couleur de référence.
Elle si fière au soir du premier tour, toute galvanisée par ces 18% derrière elle et ses idées.
18% derrière ses idées ? Mon œil !
Si tous ses électeurs épousent ses convictions, pourquoi n'ont-ils pas voté pour son parti 5 ans plus tôt ? Les thèses étaient déjà présentes à la dernière présidentielle. Que diable! Elles
étaient déjà là il y a 40 ans !
Ces 2,5 millions de personnes qui n’avaient pas voté FN il y a 5 ans, adhéraient-elles alors aux idées sans s’exprimer dans les urnes ?
Si la réponse est négative (et elle l’est), cela signifie tout simplement que ces 18% ne correspondent pas à un vote d’adhésion. Le communisme français est mort en même temps que Marchais, si
bien que pour tous les miséreux, les écœurés du système, ceux sur qui on trouve plus facile de fermer les yeux, le vote Frontiste est aujourd'hui le seul moyen de taper dans la fourmilière. Le
FN, dernier refuge de la contestation.
Alors oui, le Front National est haut. Mais pas ses idées.
Marine n'a en réalité pas fait plus de 10%. Comme son père. Les 8% restant ne la suivront pas sur tous les terrains.
Ironique finalement que Marine soit adepte du vote blanc. Car s'il était enfin considéré comme suffrage exprimé, il deviendrait le vecteur d'indignation tout trouvé pour les révoltés du scrutin ;
faisant immanquablement baisser les pourcentages du Front.
Tchin Tchin
Parier sur le rejet de l’autre à l’entre-deux tours pour l’emporter était donc un mauvais calcul. Pas besoin d’avoir un compas dans l’œil pour s’en rendre compte. Erreur qui se paie
cash.
Dans les moments qui auront suivi les résultats, un Sarkozy digne dans la défaite et plutôt beau joueur aura à coup sûr surpris son monde. Etonnamment, l’échec lui réussit.
A se demander pourquoi il s'est entêté à vouloir gagner.
En espérant que la chute de l'homme de Neuilly marquera le retour d'une vraie droite républicaine. Et si dans cinq ou dix ans une telle droite devait revenir au pouvoir, on trinquera bien
volontiers à sa santé. Qu'importe le flacon pourvu que la haine cesse.
Ou un nouveau prophète nous resservira les mêmes ficelles, les discours faciles, les coupables tout trouvés. De la poudre aux yeux. Et les électeurs se remettront à suivre.
Qui vivra verra. La cuite au prochain numéro.
Non. Je n'y crois pas.
877 jours plus tard, il y a toutes les raisons d'espérer.
Avant, ils étaient jocrisses. Mais ça, c’était avant.
Et maintenant ?
Maintenant, le changement.
